Nous avons rêvé la Grèce

Nous avons rêvé la Grèce

Représentations et idéalisations de l’héritage hellénique

Collection Travaux n° 22

L’Europe et la Grèce ? Quand le torchon brûle entre elles, quand l’incompréhension paraît totale, il est temps de se demander comment on en est arrivés là.

On avait depuis toujours l’habitude de dire que la Grèce était le berceau de l’Europe et les preuves semblaient tellement évidentes que l’on n’avait même pas besoin de les rappeler. Pourtant, si la pensée européenne a adulé l’image de la Grèce, elle n’a jamais cessé de la déformer et de la caricaturer. Ces idées en retour ont influé sur celles que les Grecs se faisaient d’eux-mêmes et leur ont fourni, après 1830, une identité « clefs en mains ». À leur tour ils ont recyclé les modèles et les ont retournés aux envoyeurs : la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2004 en a été une illustration inespérée.

L’inceste mythologique est donc permanent, la fécondation se fait dans tous les sens et les jeunes bandes dessinées défrisent les vieux héros.

Mais lorsque la Grèce est vouée aux gémonies, caricaturée selon les pires schémas du racisme ordinaire, on s’aperçoit alors que les racines de l’incompréhension sont anciennes et que l’interaction n’a pas fait disparaître les oppositions.

Il faut donc aujourd’hui explorer les distorsions, les illusions et les mirages qui ont trop facilement tenu lieu de connaissances. Ce livre a pour ambition de les analyser et de les illustrer, d’en montrer les effets et d’aider le lecteur, tout en l’amusant parfois, à prendre ses distances.