Le Prestige à Rome à la fin de la République et au début du Principat

Le Prestige à Rome à la fin de la République et au début du Principat

Collection Colloques n°13

Le terme prestige est régulièrement utilisé pour caractériser la recherche d’honneurs et de distinctions qui est l’un des traits majeurs d’une société romaine fortement concurrentielle. Il ne va toutefois pas de soi, car les sources anciennes, grecques et latines, parlent plutôt de « dignité », d’« autorité », de « renommée » ou encore de « réputation » pour exprimer l’idée de hiérarchie et de différenciation sociale quelle que soit l’époque considérée. Il demeure que le procédé consistant à recourir à une notion moderne pour éclairer le fonctionnement des sociétés anciennes est heuristiquement fécond s’il réussit à maîtriser la part d’anachronisme nécessairement présent dans le vocabulaire contemporain. Ce sont de telles interrogations qui sont à l’origine de cet ouvrage collectif sur le prestige à Rome. Elles prolongent la réflexion interdisciplinaire menée précédemment lors du 10e colloque annuel de la MAE en choisissant de porter l’accent sur une société spécifique, la Rome antique, et une chronologie resserrée (fin de la République – début du Haut-Empire). La notion protéiforme de prestige articule trois significations qui se complètent plus qu’elles ne s’excluent et font chacune l’objet d’une analyse dans les trois parties de ce volume : il est tout d’abord attaché au statut d’un individu ou d’un groupe d’individus qui se distingue d’une manière ou d’une autre ; il désigne ensuite les performances qui permettent d’afficher sa distinction sociale et de la rendre visible ; il renvoie enfin aux stratégies à mener pour maintenir son rang et éviter ainsi toute forme de déclassement social.