Rapports humains/non-humains : penser la santé du fleuve autrement ?
Dans le cadre du projet interMSH FLUVIOSCOPE
Présentation du projet
Financé par le Réseau national des MSH et le réseau des Zones Ateliers et coordonné par la MSH Val de Loire (Mathieu Bonnefond) avec six MSH partenaires (Ange Guépin, Clermont-Ferrand, Paris Nord, Mondes, MISHA, Besançon), le projet interroge la notion de « santé fluviale » à travers une réflexion interdisciplinaire en sciences humaines et sociales. Il s’articule autour de trois axes : les relations humains/non-humains, la circulation et le partage des savoirs sur les fleuves, et les droits de la nature. Il s’appuie sur des ateliers thématiques au sein des MSH partenaires ainsi que sur des résidences embarquées de chercheurs liées à BatoLabo, projet de navigation artistique et scientifique reliant la Loire au delta du Danube à bord du chaland La Fillonnerie (automne 2026 – printemps 2027).
Journée d’études
La journée d’études « Rapports humains/non-humains: penser la santé du fleuve autrement? » s’interrogera sur ce que signifie « prendre soin » du fleuve? Peut-on parler de sa santé comme on parle de celle d’un être vivant ? Ces questions, en apparence simples, bousculent en réalité des évidences bien ancrées. Depuis la Directive Cadre sur l’Eau, la santé des cours d’eau est pensée à travers des indicateurs biophysiques normés visant un « bon état écologique ». Mais cette approche, essentiellement technique, laisse de côté une question plus fondamentale : celle de la place que nous accordons au fleuve lui-même — comme entité, comme sujet et non comme simple objet à exploiter, à gérer.
Cette journée propose d’explorer cette question à la lumière du tournant ontologique qui traverse aujourd’hui les sciences humaines et sociales, et qui invite à dépasser le dualisme moderne opposant nature et culture (Descola, Latour, Serres). Comment les sociétés ont-elles, à travers l’histoire, tissé des liens avec les rivières — liens d’usage, de dépendance, de croyance, de conflit ? Comment le droit peut-il aujourd’hui reconnaître aux cours d’eau une existence juridique propre, au-delà du simple objet de propriété ou de gestion, quelles sont les limites de cette reconnaissance ? Comment l’anthropologie éclaire-t-elle les cosmologies et les pratiques qui, ailleurs et ici, font du fleuve un être doté d’agentivité ou non ? Comment la géographie peut éclairer les représentations actuelles des acteurs concernant les fleuves et rivières, ainsi que les stratégies de gestion et d’aménagement qu’ils mettent en œuvre sur les territoires ?
Pour répondre à ces questions, la matinée croisera les regards du droit, de l’anthropologie et de la géographie, avant une table ronde consacrée à la profondeur historique de ces rapports — des occupations préhistoriques des vallées jusqu’aux reconfigurations du paysage fluvial au Petit Âge Glaciaire et durant les époques moderne et contemporaine. Cette mise en perspective vise à montrer que la relation humains/rivières n’a jamais été figée, et qu’elle reste aujourd’hui à remettre en perspective dans le temps long.
L’après-midi sera consacré à un atelier d’écriture, pensé comme un prolongement direct de ces échanges : il s’agira d’explorer ce que le tournant ontologique apporte, ou n’apporte pas à la compréhension des relations entre les humains et les fleuves.
Pré-programme
9h30 : Accueil de la MSH Pars Nord
9h45 : Mathieu Bonnefond (Université de Tours, MSH VdL, Zone Atelier Loire) : rappel sur le projet Fluvioscope et retours sur l’atelier du 2 avril à la MISHA à Strasbourg
10h00 : Marie-Anne Germaine (Université de Nanterre, MSH Mondes, Zone Atelier Seine) « l’approche hydrosociale, les fleuves et rivières et les sociétés comme entités co-constituées » (titre provisoire)
10h30 : Martha Aurino, (MSH Paris Nord) « Ce que le droit de l’eau ne dit pas du fleuve »
11h00 : Regards de l’anthropologie sur les relations des sociétés à l’eau (intervenant à confirmer)
11h30 : Ninon Bardet (Batolabo), Lucas Spadaro (Batolabo) et Laura Nuninger (CNRS, MSHE) « Batolabo, naviguer pour enquêter sur les attachements aux fleuves en Europe » (titre provisoire)
12h00 : Table ronde « Quels rapports les sociétés humaines ont-elles entretenus avec les fleuves ? »
12h45-14h00 : Déjeuner
14h00-16h30 : Atelier de co-construction d’une grille de lecture interdisciplinaire des rapports sociétés-fleuves
16h30 : Conclusion







