À quoi tient le village

À quoi tient le village

Espaces et mobilités en pays malinké (Guinée)

Publications de la Société d'ethnologie, collection « Sociétés africaines »

Djirilan, Haute-Guinée. Asseyez-vous sur un tabouret, bien en vue dans une cour centrale et regardez autour de vous comment se déplacent, s’arrêtent, se rencontrent, se rassemblent, s’évitent, partent un temps et ensuite reviennent les personnes présentes. Vous comprendrez avec Anna Dessertine comment se tissent les relations sociales dans un village malinké de Guinée.

Suivez tour à tour quelques protagonistes dans les autres espaces qu’ils pratiquent : chemins, jardins, brousse, mines d’or et villes lointaines. Il apparaîtra que dans l’espace malinké tout part d’un centre et y revient. Les mobilités plus ou moins lointaines, les absences plus ou moins longues, ont pour horizon un retour nécessaire : en appui sur son centre, faisant fi des limites, le village semble bien tenir à ce mouvement incessant des habitants qui lui permet d’intégrer continûment l’ailleurs.

Le modèle d’analyse proposé par Anna Dessertine, à la fois simple et puissant, donne accès à toutes les composantes de la vie sociale : relations de parenté et de genre, agissements des génies locaux, activités d’orpaillage, migrations ou encore iconoclasme. Son ouvrage renouvelle la vision sommaire et schématique du village africain en invitant le lecteur à penser les espaces au-delà de leurs frontières, pour les comprendre dans les modes de présence et d’absence des populations qui les habitent.


Anna Dessertine est anthropologue à l’Institut de recherche pour le développement et membre du laboratoire PRODIG. Elle mène depuis plus de dix ans des recherches sur les mobilités locales et la reconfiguration des espaces ruraux dans une région de gisements aurifères de Haute-Guinée. Depuis 2019, elle s’intéresse également à la sécurisation des espaces miniers en Côte d’Ivoire et au Maroc.