D’Orient en Occident. Questions d’occupation des espaces funéraires (volet 2)

D’Orient en Occident. Questions d’occupation des espaces funéraires (volet 2)

Journée d’étude organisée dans le cadre du Projet collectif de l’UMR ArScAn « Construire l’espace. Analyse chrono-spatiale des Logiques territoriales et locales »
Programme : Lieux et espaces funéraires (coordination : Brigitte Boissavit-Camus, Katerina Chryssanthaki-Nagle et Olivier de Cazanove)

Le choix des emplacements dévolus aux morts répond autant à des logiques culturelles que pratiques. Or, rarement la réflexion ne fait la part entre les deux motivations qui régissent leur implantation.

La recherche récente montre que la fonction funéraire est loin d’être, dans le passé, toujours aussi dissociée des lieux cultuels et résidentiels qu’on ne l’a pensé. Ceci questionne ce que recouvre concrètement et implicitement les notions de séparation et de distance et, au-delà, les seuils critiques induits (distance physique ou immatérielle ? distance verticale ou horizontale ? distance entre un lieu et les usages d’un lieu ? etc.). En confrontant différentes aires chronologiques et culturelles, nous proposons d’aborder l’analyse spatiale des espaces funéraires, par une réflexion sur les dynamiques et les logiques détectables au niveau du lieu (émergence, maintien, transformation, disparition…).

En examinant les critères susceptibles d’éclairer des choix ou des configurations en matière de localisation (milieu, ressource, fréquentation, accessibilité, productivité, aménité, répulsion, tensions foncière, symbolique, économique, habitus …), il s’agit de saisir les interactions des éléments funéraires avec leur environnement culturel ou naturel, et de comprendre les relations qui unissent un lieu à l’aire funéraire, au territoire ou au réseau dans lequel il prend place. L’analyse peut être envisagée sur des durées courtes comme longues, les éléments du territoire ayant pu perdurer en l’état, avoir changé de contenus et de formes, avoir été négligés et abandonnés dans le temps. Les questions de leur création, de leur transformation et de leur disparition sont donc au cœur des discussions, éclairent les notions d’usage, d’adaptation ou de résilience, mais aussi d’héritage, car les objets spatiaux sont souvent réintégrés à d’autres logiques après leur abandon. En tentant de saisir la part des lieux dans les dynamiques d’appropriation des territoires, la réflexion fait aussi écho aux préoccupations contemporaines.