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Projets de l'axe « Objets »

Projets de l'axe « Objets »

PROJETS SOUTENUS PAR LA MSH Mondes

Un nouveau référentiel collaboratif pour l’étude des systèmes techniques de production lithique : approches expérimentale, archéologique et ethnoarchéologique de la transformation des roches volcaniques
Sol Sánchez-Dehesa Galán (Post-doctorante, UMR 7055 PréTech), Aymeric Hermann (UMR 7041 ArScAn, Ethnologie Préhistorique)

Les roches volcaniques constituent plus de la moitié de la surface terrestre et comptent parmi les matériaux les mieux représentés dans les industries lithiques à l’échelle du globe. Malgré le caractère ubiquiste de ces matériaux volcaniques, leurs propriétés physicomécaniques dans le cadre du débitage et du façonnage par percussion restent encore largement méconnues et les stigmates de taille utilisés dans l’étude des systèmes techniques de production lithique n'ont pas encore fait l’objet d’une description détaillée. La principale limitation à laquelle les archéologues sont confrontés dans l’étude de ces matériaux est liée à la diversité inhérente à cette famille de roches, en termes de composition minéralogique, de structure interne (porphyrique/aphyrique), de texture (microlitique, doléritique ou vitreuse), et de ténacité (résistance relative à la propagation de la fracture selon l’isotropie du matériau). La caractérisation des mécanismes de fracturation à partir de collections de références (ethnographiques et expérimentale), et la documentation précise des paramètres techniques (gestes, techniques et outils de taille) pour une large gamme de roches volcaniques permettront d’appréhender les stratégies d’adaptation aux contraintes techniques et les savoir-faire mise en oeuvre dans la production des cultures matérielles archéologiques.

Équipe(s) partenaire(s) : Jacques Pelegrin (DR-UMR 7055 PréTech CNRS), Pierre Allard (CR - UMR 7055 PréTech CNRS), Pierre Bodu (CR - UMR 7041 ArScAn CNRS), René Maury (PR - Université de Brest/IUEM,UMR 6538 CNRS/Université), Jean-Christophe Sangleboeuf (PR - Institut de Physique de Rennes, UMR 6251 CNRS/Université), Daniel Roger (Musée d’Archéologie Nationale, St Germain en Laye) Gonen Sharon (MCF - Tel Hai College, Israël), Cyril Viallet (Membre associé, UMR 7194, Histoire Naturelle de l’Homme Préhistorique, CNRS), Miguel Biard (Archéologue, UMR 7041 ArScAn INRAP), Simon Diemer (Doctorant, Université de Strasbourg / UMR 7044 Archimède Université)

Durée du projet : 24 mois - Budget : 12 000 €

 

Les bassins à anses inversées de Kunara. De l’objet à la pratique. Recherche exploratoire sur les bassins à anses inversées, leur contexte et leur fonction au IIIe millénaire av. J.-C. en Mésopotamie
Responsable scientifique : Cécile VERDELLET, post-doctorante – boursière Fondation Gerda Henkel - chercheur associé UMR7041 ArScAn équipe Haroc -
Projet sur 12 mois

Les recherches archéologiques récentes dans la région du Kurdistan irakien ont mis au jour un grand nombre de bassins à anses inversées, également appelés Internal Handled Bowls. Ces objets, attestés ailleurs en Mésopotamie pour les périodes du Bronze ancien et moyen (IIIe – IIe millénaires av. J.-C.) se caractérisent par leur morphologie atypique et semblent avoir été conçus à des fins précises, sans que leur fonction ait pu être définie jusqu’à présent. Les quatorze bassins à anses inversées retrouvés à Kunara (Kurdistan, Irak) en contexte cérémoniel sont une opportunité unique d’en apprendre un peu plus sur ces mystérieux objets. Les questions qui les entourent sont variées. Elles concernent à la fois leur production, depuis leur conception jusqu’au choix de leur ornementation mais également leurs fonctions et usages depuis l’utilisation de l’objet jusqu’à sa représentation sociale et symbolique, en soulevant la question de l’idéologie qu’ils véhiculent. En travaillant sur l’objet dans l’espace, à l’aide de l’imagerie 3D, notre projet vise à aborder ces questions en étudiant les bassins à anses inversées en tant qu’objet (conception, fabrication, ornementation) mais également leur contexte de découverte (architecture, type de bâtiment, contexte primaire ou secondaire) et d’utilisation (association d’objets, bris volontaire), afin de déterminer leur rôle, pratique et symbolique, dans la société mésopotamienne des IIIe et IIe millénaires av. J.-C

Équipe(s) partenaire(s) : Aline Tenu (UMR7041 ArScAn CNRS), Bérengère Perello (UMR5133 Archéorient CNRS), Kamal Rasheed / Département des Antiquités de Soulaimaniyeh

Durée du projet : 24 mois - Budget : 6 200 euros

 

MASK. Derrière le masque, le travail : des conflits de la production bénévole au réenchantement de l'industrie textile en France et en Belgique
Responsable scientifique : Maud SIMONET, DR CNRS - UMR 8533 IDHES – UPN - Projet sur 12 mois - Projet de l'axe Imaginaires et de l'axe Objets

Mené en France et en Belgique, ce projet s'intéresse à la manière dont le masque est devenu pendant la crise sanitaire un objet de cristallisation - un support- d'enjeux liés au travail dans des configurations productives et des échelles différentes dans les deux pays. Du masque symbole de l'exploitation des femmes dans le trava il gratuit dénoncé par les couturières solidaires devenues couturières en colère, au masque tremplin pour  la redynamisation des industries textiles et du made in France, ce sont tout à la fois les types de production (bénévole, artisanale, industrielle ... ), les acteur.trices de la productions (collectivités, entreprises, associations, particuliers) et les échelles productives que l'on se propose d'analyser. Ce faisant, le masque devient un prisme pour analyser les transformations des imaginaires liés au travail et au réinvestissement économique et symbolique des productions nationales. Des domiciles de couturières bénévoles aux usines textiles on interrogera la mobilisation et la construction d'imaginaires mêlant le travail et la solidarité, dans le cadre d'un « élan national » sans précédent. Pour ce faire, on abordera en France comme en Belgique la production de masques par deux entrées : les conflits et mobilisations auxquelles la production bénévole a donné lieu et les politiques de renouveau des industries textiles nationales qui ont découlé de la production de masques.

Équipe(s) partenaire(s) : Eve Meuret-Campfort (CRESPPA, UMR 7217 - CNRS/UP8/UPN), Giulia Mensitieri (IDHES, UMR 8533 - UPN), Fanny Gallot (CRHEC EA 4392 - Université Paris Est Créteil)

Durée du projet : 12 mois - Budget 9 530 euros

 

Fichiers musicaux en Afrique de l’Est Un objet dans le conflit : production, manipulations et partages des fichiers musicaux en Afrique de l’Est (2020)
Responsable scientifique : Katell MORAND, MCF Université Paris Nanterre, UMR 7186 CREM-LESC

Ce projet au croisement de l’ethnomusicologie, de l’anthropologie des techniques et de l’histoire a pour objectif d’interroger la production, la manipulation et le partage de fichiers musicaux dans des contextes de conflit en Afrique de l’Est (Kenya, Ethiopie, Erythrée). Le fichier musical fixe un événement sonore dont il permet de réactiver les traces, interrogeant l’intersection de l’immatériel et du matériel. Dans un contexte où l’usage des nouvelles technologies est en forte expansion, y compris en milieu rural, cet objet peut être produit et manipulé par toute personne possédant un téléphone portable, avant d’être écouté, visionné et partagé par Bluetooth, carte SD ou sur les réseaux sociaux. Des performances rituelles ou des musiques de propagande, éditées ou non, circulent ainsi dans des régions où les conflits interethniques et interétatiques sont au premier plan des préoccupations. Quelles relations se créent-elles avec et autour de ces objets, et quelle efficacité leur est-elle attribuée ? Selon notre hypothèse, la manipulation et le partage de ces fichiers numériques suit des logiques historiquement ancrées et des circuits anciens, engagés par le contact direct, l’écrit, ou les ondes radio. Le dialogue entre enquête de terrain et travail d’archive permettra d’éclairer les relations multiples, d’alliance et d’inimitié, qui se nouent autour du fichier musical, et plus largement l’appropriation locale des technologies de communication.

Équipe(s) partenaire(s) : Giordano Marmone ( Department of Afroamerican and African Studies/CREM-LESC (UMR 7186) Post-doctorant University of Michigan/ Université Paris Nanterre, Raymok Ketema (Department of History Doctorante University of California – Santa Barbara)

Durée du projet : 24 mois - Budget : 10 500 euros

 

G3ARC GéoARChéologie et ARChéologie des grottes préhistoriques du massif d’Arcy-sur-Cure/Saint-Moré (Bourgogne Franche-Comté, France) : des objets archéologiques aux trajectoires humaines collectives (2020)
Responsable(s) scientifique(s) :Nejma GOUTAS, CRCN, CNRS UMR 7041 ArScAn, Équipe Ethnologie Préhistorique et Marylise ONFRAY Post-doctorante, UMR 8215 Trajectoires - Projet sur 24 mois

Le projet G3ARC est construit principalement autour d’une cavité : la grotte du Trilobite qui participe d’un célèbre réseau d’occupations préhistoriques localisé dans le massif d’Arcy-sur-Cure/Saint-Moré. Ce gisement, aux marges du Bassin parisien, a livré des occupations multi-stratifiées, couvrant différentes chronologies (Paléolithique moyen aux périodes holocènes). Sa notoriété tient à la richesse de ses occupations, à la présence d’un art pariétal paléolithique et à la découverte de vestiges anthropologiques néandertaliens. Dans ce contexte, la grotte du Trilobite tient une place  singulière. Fouillée anciennement, sa stratigraphie est l’une des plus complètes du Centre Est de la France (du Moustérien au Néolithique). G3ARC vise : 1) La production de nouvelles données sur cette cavité : réalisation d’un modèle 3D de la grotte, révision des collections anciennes, reprise de fouille en lien avec de nouvelles analyses et méthodes d’enregistrement. Notre objectif sera de  préciser son cadre chrono-culturel et d’interroger l’évolution de ses fonctions sur le temps long. Soutenus par une équipe interdisciplinaire, nous travaillerons à mettre en relation les données archéologiques, géoarchéologiques, paléoenvironnementales et paléoécologiques (anciennes et nouvellement acquises). 2) La conduite de prospections pédestres et géophysiques sur le massif pour rechercher de nouvelles occupations pléistocènes et holocènes en vue de conduire de nouvelles opérations de terrain à court terme. Ce volet sera adossé à de premières études géomorphologiques du karst et de la vallée de la Cure. In fine, ce projet aspire à contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques d’occupation du massif et de la vallée sur le temps long.

Équipe(s) partenaire(s) : laboratoires et universités françaises (Nanterre, Renne, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Le Bourget-du-Lac,Nice) et partenaires culturels.

Durée du projet : 24 mois - Budget : 12 107 euros

 

La genèse élamite. Les sceaux cylindres en Iran de la fin du IVe au début du IIe millénaire avant notre ère. Les échanges inter-iraniens revisités.
Responsable scientifique : Clélia Paladre, Doctorante Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 7041 – ArScAn – VEPMO

Résumé du projet : Ce projet de recherche traite du monde iranien, de l’extrême fin du IVe au début du IIe millénaire avant notre ère. Il se concentre sur un objet d’étude caractéristique de l’Orient ancien, à savoir le sceau cylindre et les empreintes qui en émanent. Il s’agit de définir une production matérielle très particulière au cours du temps (typologiquement, fonctionnellement, iconographiquement), mais sans oublier qu’il s’agit également d’un vecteur de connaissance pour tenter d’étudier et de mieux comprendre une période remarquable, « l’âge des échanges inter-iraniens ».

Équipe(s) partenaire(s) : H. Pittman (University of Pennsylvania Arts & Sciences), P. Butterlin (Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne – UMR 7041 – ArScAn-VEPMO), F. Bridey et M. Alassi (Musée du Louvre)

Durée du projet : 12 mois (2019) - Budget : 2 400 euros

 

Des artefacts au cœur des marges. Des sites préhistoriques aux mobilisations contemporaines : les collecteurs de perles en marge des centres de pouvoir en Asie du Sud-Est (Thaïlande, Birmanie)
Responsable scientifique : Bérénice Bellina (CNRS, UMR7055 PréTech) 

Résumé du projet : Dans le sud de la Thaïlande et de la Birmanie, la découverte fortuite de perles préhistoriques (construction, pillage, etc.) ou leur mise au jour dans le cadre de fouilles scientifiques menées au sein de la mission archéologique française en Thaïlande-Birmanie Péninsulaire, suscite des passions et entraîne des conflits d’ordre mémoriel, patrimonial et identitaire. Ce projet pluridisciplinaire associant archéologue et ethnologue propose de décrire et d’analyser les modalités concrètes de ces antagonismes qui engagent différentes sphères des sociétés thaïlandaises et birmanes, et des spécialistes étrangers. En enquêtant sur les trajectoires des perles, depuis la reconstitution archéologique de leurs réseaux de production (chaîne opératoire technique) et de distribution anciens jusqu’à celle des réseaux contemporains de collecteurs et collectionneurs qui les mobilisent, il s’agit de révéler les enjeux économiques, territoriaux, patrimoniaux et politiques qu’elles cristallisent sur la longue durée. Cette approche comparative à la fois diachronique (période préhistorique vs période contemporaine) et synchronique (Thaïlande vs Birmanie) permet de questionner les marginalités des collecteurs impliqués. Par le passé, les circulations de perles se jouaient en effet entre des populations cosmopolites des ports des basses terres et celles des mangroves des estuaires (nomades marins) et des forêts de l’intérieur des terres (collecteurs-marchands), et de nos jours entre des espaces politiques centraux et périphériques chacun revendiquant leur légitimité sur ces mobilisations d’artefacts préhistoriques. Ce projet s’attache donc à reconstituer les réseaux d’interdépendances qui traversent les paysages politiques et économiques anciens et contemporains.

Équipe(s) partenaire(s) : Annabel Vallard (CNRS, UMR8170, Centre Asie du Sud-Est)

Durée du projet : 24 mois (2020-2021) - Budget : 6 000 euros